01.07.2008
Bon baisers de Bruges, I love Colin Farrell !
C'est la fête du Cinéma, profitons-en !! Sauf que que je suis du genre à n'y aller que pour un seul film hum ... Bref, mon choix d'hier soir s'est porté sur Bon baisers de Bruges : avec un titre pareil, on s’attend à voir une vulgaire comédie pastiche d’un James Bond, un brin potache. Que nenni ! Après Le rêve de Cassandre de Woody Allen, Colin Farrell nous convainc qu’il n’est pas (qu’)un irlandais dur à cuire complètement allumé, grâce au premier long métrage de Martin McDonagh : après un contrat qui s’est mal terminé à Londres, Ray et Ken, deux tueurs à gage, sont envoyés en séjour forcé à Bruges, en Belgique. Nos deux compères attendent donc des nouvelles de leur boss dans la belle Venise du Nord : si l’un s’émerveille pour la cité médiévale, les peintures flamandes et les ballades en canaux, l’autre est grincheux, cynique et préfère de loin aller picoler au pub du coin !
Les vacances forcées des deux tueurs les conduiront à s’immiscer dans la ville, et à faire des rencontres aussi farfelues que des prostituées en exil, un acteur nain limite raciste et abusant des psychotropes, des touristes américains obèses qui vont mal tourner, et une brugeoise qui ne laissera pas Colin Farrell indifférent … Big Boss finit par donner des news, et demande à l’un des tueurs d’abattre l’autre, mais l'on se doute bien que la fin n’est pas toujours celle que l’on croit …
Ce qui semble le plus réussi dans le film, c’est bel et bien le côté humain des personnages : ce sont des tueurs à gage qui tuent de sang froid, mais on se verrait bien aller boire un verre avec eux malgré tout. Ralph Fiennes, qui joue le rôle de Harry, le patron de Ken et Ray, est vraiment parfait dans ce rôle de gangster cockney. En bref, Bon Baisers de Bruges est un film à la tonalité très noire, mais qui n’empêche pas de faire rire toute la salle aux éclats !
Allez, si j'arrive à survivre à la chaleur, ce soir, ce sera Sagan, de Diane Kurys !
17:17 Publié dans Au ciné | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bon baisers de bruges, colin farrell, cinéma, belgique, policier, comédie, bruges
09.03.2008
There will be blood with DDL ...
Lorsque Daniel Day Lewis obtient un Golden Globes et un Oscar pour un seul et même film, on s’attend à prendre une sacrée claque ! Et cela se vérifie pour There will be blood, le cinquième film de Paul Thomas Anderson (après Hard Eight, Boogie Nights, Magnolia et Punch-drunk love). Pas une minute d’ennui pour cette adaptation d’un roman de 1927 (Oil !) écrit par Upton Sinclair (et pourtant le film dure 2h40 !).
There will be blood commence tout à la fin du 19ème siècle en Californie et nous plonge dans le quotidien dangereux et rudimentaire de mineurs en quête des derniers trésors laissés par la ruée vers l’or. L’atmosphère est sèche, difficile et oppressante (les premiers dialogues interviennent au bout de quinze bonnes minutes). L’un de ces hommes, Daniel Plainview, est informé par un jeune habitant de Little Boston, une petite ville de Californie, que là-bas sous terre, coulerait un océan de pétrole… Sceptique, Plainview décide tout de même de partir avec son jeune fils H.W.
Arrivé dans cette jeune ville perdue au milieu du désert, Plainview forme une équipe des plus efficaces avec HW afin de convaincre les fermiers du coin de lui vendre leurs terres (pour une bouchée de pain) et les exploiter en les couvrant de derricks (ces grandes tours en métal servant au forage des puits de pétrole). Plainview devient ainsi le bienfaiteur des villages environnants : le pétrole est là, des écoles sont construites, les paroisses s’enrichissent (d’ailleurs, le jeune pasteur charismatique de Little Boston, Eli Sunday tentera à maintes reprises de bénéficier des profits de Plainview …).
Sur fond du rêve américain, Little Boston devient le théâtre de conflits qui éclatent, d’ambitions dévorantes, de tensions naissantes, de désirs de richesse, de convoitise, de pouvoir exacerbé d’un homme sur un groupe, de trahisons …
Plus que l’histoire, c’est réellement la psychologie des deux personnages principaux et leurs travers qui donnent selon moi toute son intensité au film: Daniel Day Lewis, est un misanthrope froid, borné et brutal qui construit sa fortune sans aucun états d’âme. Paul Dano, qui interprète Eli Sunday, est terrifiant dans son rôle de jeune évangéliste : un personnage à la fois très doux et constant, mais capable d’enflammer et de captiver son public. Le match homme d’affaires/homme de foi nous montre un face à face intense. A noter également l’absence quasi-totale de personnages féminins qui contribuant à donner une tonalité très dure au film.
La musique du film, sèche et dissonante, reflète parfaitement l’atmosphère de There will be blood. Et cela n’étonnera personne d’apprendre que c’est Johnny Greenwood en personne (le guitariste de Radiohead) qui en est l’auteur …
Un grand film, qui laissera sa trace dans l’histoire du cinéma américain.
15:41 Publié dans Au ciné | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, daniel day lewis, oscar, golden globes, there will be blood
29.10.2007
This is England, descente chez les skins
Un bon ciné quand il fait froid le dimanche, ça passe toujours bien ! Surtout quand le film est une petite merveille ... Ca faisait longtemps que je voulais voir This is England: à peu de choses près, dès que quelque chose concerne peu ou prou la perfide Albion, mon gène british s'agite ! Petit compte rendu de l'affaire :
1983, dans une petite ville côtière de l’Angleterre, appauvrie par les années Thatcher, quand le taux de chômage était plus qu’inquiétant. Oui, on est bien dans la lignée des films britanniques dits « sociaux », à la Ken Loach ou à la Stephen Frears.
Shaun est un petit garçon d’une dizaine d’années qui vit seul avec sa mère. Son père est mort à la guerre des Malouines. Shaun, c’est typiquement celui qui est toujours le dernier qu'on choisit pour former les équipes au foot, celui dont les gamins se moquent dès qu'il passe, bref, à l’école, c’est vraiment pas l’éclate… En même temps, porter des pantalons pattes d’éph alors qu’on est en plein période Dexys Midnight Runners et que le punk commence à décliner, c’est pas du meilleur effet … Persécuté par ses camarades de classe, Shaun renaît lorsque Woody et sa bande, des skinheads plutôt sympas le prennent sous leurs ailes. Shaun tombe amoureux et découvre même les Dr Martens et les chemises Ben Sherman, la grande classe à l’époque ;-).
Le ton change dans la bande lorsque débarque Combo, un ancien larron qui a quand même fait trois ans de taule et on sent bien qu’il n’y a pas lu que des Oui-Oui fait du vélo. En clair, Combo à la haine, il n’aime pas les paki (les pakistanais) qui « prennent le boulot des anglais ». Vu comme ça, ça sonne un brin comme le synopsis d’American History X, à la différence près que là, c’est l’ex-taulard qui est bien décidé à semer la haine dans la ville … Vulnérable, Shaun est vite entraîné par Combo et sa bande à piller des boutiques, à faire peur aux gamins de la ville ou à assister à des réunions du National Front.
Sans nous plonger dans les clichés habituels sur le nazisme ou le mouvement skinhead, le film parvient bien à son objectif de montrer une jeunesse sans repères, en proie à de sombres idéaux.
Thomas Turgoose, qui joue le rôle de Shaun, est criant de vérité, à faire caser aux oubliettes Haley Joël Osment, à l’époque de Sixième Sens. C’est un enfant qui grandit trop vite, qui est un mélange de violence et d’innocence : il est à l’image même de Combo, qui laisse apparaître pas mal de signes de faiblesses, mais je ne vous en dis pas plus …
Le portrait cru d’une Angleterre dure et grise, le tout sans être trop manichéen, ça présage du film culte en perspective. Et j’allais oublier, quelle BO ! Du ska d’origine, jamaïcain, ambiance Trojan Records.This is England a obtenu plusieurs récompenses : meilleur film aux British Independant Films Awards, prix du jury du festival de Rome et du festival de Paris en 2007.
00:35 Publié dans Au ciné | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, this is england, skinheads, thatcher
17.10.2007
99 francs ...
Je me prénomme Octave, je ne suis pas un gentil garçon ... Ainsi commence le film 99 francs, tiré du roman éponyme de notre ami Beig. Où devrais-je dire mon ami parce que j'ai bien l'impression que dans mes proches, à part DLM, ya pas grand monde qui l'apprécie notre dandy national. Mais moi j'aime bien sa grande gueule et ses chemises blanches qui lui donnent un faux air de BHL plus jeune.
Mais là n'est pas la question. RDV pris au Grand Rex avec quelques amis la semaine dernière pour aller voir le film, je n'ai d'ailleurs pas arrêté de bassiner mes pauvres collègues toute l'après-midi avec ça tellement j'avais hâte de voir la chose. Et comme je n'arrêtais de cancaner "Oui oh, j'adoooore Frédéric, j'adore Jean, je ne peux qu'aimer 99 francs !" Seulement, j'avais oublié Jan Kounen dans l'affaire ... Et j'avais oublié que c'était déjà lui qui avait commis Dobermann et Blueberry, western mystique à la sauce chamane. Bref, on aime ou on n'aime pas.
Et franchement, mis à part les scènes mémorables d'après trip de notre héros Octave, les réunions de 7h chez Madone pour se décider s'il faut de l'herbe vert pomme ou vert anglais pour la pub TV (c'est pas trop caricatural, c'est ça le pire !), le film n'est qu'une suite des délires post-coke d'Octave qui durent bien dix minutes chacun ... Ca parait un peu long au bout d'un moment (on en a mal aux narines pour lui...). Alors que le livre de Beigbeder, sorti en 2000, apportait un regard on ne peut plus critique sur le monde de la pub, le film de Jan Kounen n'apporte selon moi rien de nouveau et ressasse un peu la vision qu'on peut avoir du secteur. Et ce que je n'ai pas supporté: le mot de la fin, dans un style donneur de leçon de morale à la Michel Fugain, un texte comparant les dépenses publicitaires et le montant qu'il faudrait pour combler la faim dans le monde ... Pour un film au budget de 12 millions d'euros, faut pas pousser mémé dans les orties quand même ...
Un super film graphique et psychédelique en somme ...
00:30 Publié dans Au ciné | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, dujardin, jan kounen, 99 francs


