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09/03/2008

There will be blood with DDL ...

923579297.jpgLorsque Daniel Day Lewis obtient un Golden Globes et un Oscar pour un seul et même film, on s’attend à prendre une sacrée claque ! Et cela se vérifie pour There will be blood, le cinquième film de Paul Thomas Anderson (après Hard Eight, Boogie Nights, Magnolia et Punch-drunk love). Pas une minute d’ennui pour cette adaptation d’un roman de 1927 (Oil !) écrit par Upton Sinclair (et pourtant le film dure 2h40 !).

 

There will be blood commence tout à la fin du 19ème siècle en Californie et nous plonge dans le quotidien dangereux et rudimentaire de mineurs en quête des derniers trésors laissés par la ruée vers l’or. L’atmosphère est sèche, difficile et oppressante (les premiers dialogues interviennent au bout de quinze bonnes minutes). L’un de ces hommes, Daniel Plainview, est informé par un jeune habitant de Little Boston, une petite ville de Californie, que là-bas sous terre, coulerait un océan de pétrole… Sceptique, Plainview décide tout de même de partir avec son jeune fils H.W.

 

Arrivé dans cette jeune ville perdue au milieu du désert, Plainview forme une équipe des plus efficaces avec HW afin de convaincre les fermiers du coin de lui vendre leurs terres (pour une bouchée de pain) et les exploiter en les couvrant de derricks (ces grandes tours en métal servant au forage des puits de pétrole). Plainview devient ainsi le bienfaiteur des villages environnants : le pétrole est là, des écoles sont construites, les paroisses s’enrichissent (d’ailleurs, le jeune pasteur charismatique de Little Boston, Eli Sunday tentera à maintes reprises de bénéficier des profits de Plainview …).

 

Sur fond du rêve américain, Little Boston devient le théâtre de conflits qui éclatent, d’ambitions dévorantes, de tensions naissantes, de désirs de richesse, de convoitise, de pouvoir exacerbé d’un homme sur un groupe, de trahisons …

 

Plus que l’histoire, c’est réellement la psychologie des deux personnages principaux et leurs travers qui donnent selon moi toute son intensité au film: Daniel Day Lewis, est un misanthrope froid, borné et brutal qui construit sa fortune sans aucun états d’âme. Paul Dano, qui interprète Eli Sunday, est terrifiant dans son rôle de jeune évangéliste : un personnage à la fois très doux et constant, mais capable d’enflammer et de captiver son public. Le match homme d’affaires/homme de foi nous montre un face à face intense. A noter également l’absence quasi-totale de personnages féminins qui contribuant à donner une tonalité très dure au film.

 

La musique du film, sèche et dissonante, reflète parfaitement l’atmosphère de There will be blood. Et cela n’étonnera personne d’apprendre que c’est Johnny Greenwood en personne (le guitariste de Radiohead) qui en est l’auteur …

 

Un grand film, qui laissera sa trace dans l’histoire du cinéma américain.