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29/10/2007

This is England, descente chez les skins

ba6839a1f34a0a4f77a4166fbd64a0e8.jpgUn bon ciné quand il fait froid le dimanche, ça passe toujours bien ! Surtout quand le film est une petite merveille ... Ca faisait longtemps que je voulais voir This is England: à peu de choses près, dès que quelque chose concerne peu ou prou la perfide Albion, mon gène british s'agite ! Petit compte rendu de l'affaire :

1983, dans une petite ville côtière de l’Angleterre, appauvrie par les années Thatcher, quand le taux de chômage était plus qu’inquiétant. Oui, on est bien dans la lignée des films britanniques dits « sociaux », à la Ken Loach ou à la Stephen Frears.    

Shaun est un petit garçon d’une dizaine d’années qui vit seul avec sa mère. Son père est mort à la guerre des Malouines. Shaun, c’est typiquement celui qui est toujours le dernier qu'on choisit pour former les équipes au foot, celui dont les gamins se moquent dès qu'il passe, bref, à l’école, c’est vraiment pas l’éclate… En même temps, porter des pantalons pattes d’éph alors qu’on est en plein période Dexys Midnight Runners et que le punk commence à décliner, c’est pas du meilleur effet … Persécuté par ses camarades de classe, Shaun renaît lorsque Woody et sa bande, des skinheads plutôt sympas le prennent sous leurs ailes. Shaun tombe amoureux et découvre même les Dr Martens et les chemises Ben Sherman, la grande classe à l’époque ;-).

Le ton change dans la bande lorsque débarque Combo, un ancien larron qui a quand même fait trois ans de taule et on sent bien qu’il n’y a pas lu que des Oui-Oui fait du vélo. En clair, Combo à la haine, il n’aime pas les paki (les pakistanais) qui « prennent le boulot des anglais ». Vu comme ça, ça sonne un brin comme le synopsis d’American History X, à la différence près que là, c’est l’ex-taulard qui est bien décidé à semer la haine dans la ville … Vulnérable, Shaun est vite entraîné par Combo et sa bande à piller des boutiques, à faire peur aux gamins de la ville ou à assister à des réunions du National Front. 

Sans nous plonger dans les clichés habituels sur le nazisme ou le mouvement skinhead, le film parvient bien à son objectif de montrer une jeunesse sans repères, en proie à de sombres idéaux.

Thomas Turgoose, qui joue le rôle de Shaun, est criant de vérité, à faire caser aux oubliettes Haley Joël Osment, à l’époque de Sixième Sens. C’est un enfant qui grandit trop vite, qui est un mélange de violence et d’innocence : il est à l’image même de Combo, qui laisse apparaître pas mal de signes de faiblesses, mais je ne vous en dis pas plus …

Le portrait cru d’une Angleterre dure et grise, le tout sans être trop manichéen, ça présage du film culte en perspective. Et j’allais oublier, quelle BO ! Du ska d’origine, jamaïcain, ambiance Trojan Records.  

This is England a obtenu plusieurs récompenses : meilleur film aux British Independant Films Awards, prix du jury du festival de Rome et du festival de Paris en 2007.